PHILIPPE NAUD
Philippe Naud est un artiste du corps. Passionné par le mouvement de l’imaginaire. C’est dans cet état émotionnel, nous dit-il, que le corps grave l’espace et imprime son geste dans la matière.
Suspendu, en apesanteur, avec l’imaginaire. Il nous raconte, par ces œuvres, comment le mouvement imaginaire joue avec la notion de gravité le laissant libre d’interpréter l’attraction, entre le
jeu des sensations et des émotions. Fortement imprégné par les mondes scientifiques, ses réflexions sur le temps, l’espace et le vivant l’on aidé à explorer et à mieux comprendre le mouvement de
l’imaginaire. La vie par le vivant, le vivant pour transposer les systèmes émotionnels du mouvement de l’imaginaire. C’est dans cette disposition physique qu’il s’installe pour appréhender son
expression picturale, graphique, photographique et plastique. De là, nous dit-il, naît le mouvement de l’imaginaire qui l’anime.
Sa peinture est instinctuelle. Philippe Naud met le corps tout entier, du danseur-chorégraphe qu’il a été, et du mimocalligraphe qu’il fut, avant de se consacrer exclusivement à la peinture.
« Tout comme je cherche à représenter une couleur par le mouvement du corps, je cherche à traduire une couleur par une écriture corporelle ».
Ainsi, l’orange provoque chez le danseur un saut enjoué et acrobatique, contrairement au jaune qui s’exprimera dans une verticalité ; le bleu par une succession de courbes, comme une danse
ondulatoire ; le vert, par des lignes verticales, obliques ou horizontales ; le rouge, par un mouvement gravitationnel dont le ventre est le noyau. Le violet par un jeu de résistance entre les
lignes et les courbes. Sa peinture, on l’aura compris, découle de l’art du geste, et c’est ce qui la rend si singulière. « Je crois en cet instant magique qui nous traverse comme la flèche ailée
et insaisissable de Cupidon ! ». Sa cible n’est autre que son imaginaire, sa pensé en mouvement, qui ainsi, au fil de chacun de ses engagements sur la toile, ou autre support, se dévoile malgré
lui comme pour se rapprocher, au plus près, de ce qui lui échappe. Une démarche qui n’a pas d’autre but de s’immerger dans le désir de se laisser enchanter par la magie des couleurs et de leurs
mouvements. Peut-être pour y réinstaller les joies ludiques de l’enfance…